Dans une petite boulangerie au fond d’une rue poussiéreuse, cinq femmes se retrouvaient chaque matin autour d’une table en bois usée. Avant que le four ne chauffe et que l’odeur du pain ne remplisse la pièce, elles partageaient toujours un moment de calme, une tasse de café à la main.
Elles s’appelaient Awa, Mariam, Fanta, Clarisse et Odile. Leur quotidien n’était pas facile. Elles travaillaient dur, souvent invisibles aux yeux de ceux qui entraient, achetaient leur pain, puis repartaient sans un regard. Pourtant, derrière leurs tabliers verts et leurs robes roses, il y avait des histoires, des rêves et une dignité immense.
Un jour, après une longue matinée où plusieurs clients avaient à peine levé les yeux vers elles, Awa posa sa tasse et dit doucement :
— Et si, pour une fois, on demandait simplement un peu de respect ?
Les autres la regardèrent, surprises, puis sourirent. Mariam prit un morceau de carton et écrivit une phrase, presque comme un défi, mais aussi comme un appel :
« Nous sommes femmes de ménage. Si nous ne te dégoûtons pas, dis-nous bonjour !! »
Elles placèrent le message bien en vue.